Lafayette, marin malgré lui

par Vincent BOUAT-FERLIER

le jeudi 5 février à 18h00 au Service Historique de la Défense

Cette conférence propose d’examiner les conditions et les enjeux des différentes traversées de l’Atlantique par Lafayette entre 1777 et 1825. Bien qu’issu d’une famille de noblesse terrienne, Lafayette a emprunté la voie maritime à quatre reprises pour rejoindre les Etats-Unis, affrontant contraintes politiques, logistiques et diplomatiques. À travers l’étude de ces voyages, on mettra en lumière la construction de son engagement, ainsi que le rôle de ces traversées dans la formation de son image politique et militaire.

Mathieu Sagean et la fabuleuse cité de l’or

par Laurent BUSSEAU

le mardi 14 avril à 18h00 au musée Hèbre de Saint-Clément

Port militaire ouvert sur le Nouveau-Monde, Rochefort a connu un épisode singulier et méconnu de son histoire coloniale, celui de l’interrogatoire secret en 1700 d’un flibustier et aventurier canadien, Mathieu Sagean, à propos de sa présumée découverte d’une cité d’or au cœur de la Louisiane. Faussaire ou découvreur, le ministre Pontchartrain demande à son intendant Bégon et au corsaire canadien Pierre Le Moyne d’Iberville de faire toute la lumière sur les affirmations de Sagean. Cette conférence présente les différents aspects historiques de cette confrontation à la lumière de la découverte dès 1970 de la cité méso-amérindienne de Cahokia dans l’État de L’Illinois.

Jacques Cartier et le Canada

par le docteur Gilles Foucqueron

le jeudi 11 juin à 18h30 à l’auditorium de la Corderie royale

Natif de Saint-Malo en 1491, quelques mois avant que Christophe Colomb ne révèle un nouveau monde à l’humanité, Jacques Cartier voit son destin scellé une quarantaine d’années auparavant. Ainsi, en 1453, deux événements marquent l’Histoire. à Castillon, dans le sud-ouest de la France, les deux armées française et anglaise signent la fin de la Guerre de Cent Ans. En Méditerranée orientale, la chute de Constantinople ferme les échanges entre Europe et Orient. Tandis que le roi de France a désormais les mains libres pour créer l’identité française, les souverains du Portugal et d’Espagne se lancent dans la découverte du monde pour ramener les épices depuis les antipodes.

Né dans une ville occupée par les troupes françaises, Cartier se retrouve sous l’autorité d’Anne de Bretagne, reine de France, mais surtout duchesse de Bretagne. Il devra attendre l’union de la Bretagne à la France en 1532 pour partir à la quête de la Chine. à défaut d’inventer le passage par le nord-ouest de l’Amérique, le Pacifique se refusera à lui. Le Saint-Laurent lui permet de remonter jusque Stadaconé et Hochelaga, les villes de Québec et de Montréal d’aujourd’hui. Si au décours de son troisième voyage et de son deuxième hivernage, la désillusion sera de mise au regard des soit disantes richesses minières, Cartier a donné la Nouvelle-France et la voie de la francophonie.

Le fort BOYARD

par Philippe LAFOND

le jeudi 8 octobre à 18h00 au Service Historique de la Défense

Personne n’aurait imaginé que Fort Boyard, le fort le plus célèbre de France, ait une histoire aussi extraordinaire : l’épopée de sa construction débute avec Napoléon, se poursuit sous les Bourbon et Louis-Philippe, avant de connaître la guerre de 1870 et la Commune. Un destin fabuleux allant de la défense côtière à l’aventure audiovisuelle internationale.

Frankton et les opérations spéciales des sous-marins français pendant la seconde guerre mondiale

par l’amiral François GUICHARD

le jeudi 19 novembre à 18h00 au Service Historique de la Défense

Le 7 décembre 1942 eut lieu « le plus courageux et imaginatif de tous les raids jamais menés par les hommes des opérations combinés ». C’est ainsi que Lord Mountbatten décrit l’opération Frankton qui vise à frapper au cœur de Bordeaux les briseurs de blocus du Reich.

Une opération complexe aussi bien dans sa préparation, que dans son déroulement et dans son issue, que l’amiral François Guichard, ancien commandant de sous-marin, vous propose de revivre.

Une opération qui chaque année fait l’objet de commémoration franco-britannique en Nouvelle Aquitaine et qui sera aussi l’occasion d’évoquer les opérations spéciales des sous-marins français pendant la seconde guerre mondiale.

La dimension navale du siège des poches de l’Atlantique

par Stéphane Weiss

le jeudi 4 décembre à 18h00 au Service Historique de la Défense

Le siège des poches allemandes de l’Atlantique, entre août 1944 et mai 1945, donna lieu à des combats presque exclusivement terrestres. La stratégie sous-jacente à ces réduits intégrait pourtant une pleine dimension maritime, y compris le contrôle d’un espace côtier grâce au chapelet d’îles restées occupées par les forces allemandes (Groix, Belle-Ile, Quiberon assimilable à une île dès lors que son étroite base était barrée, Oléron et Ré). De plus, même si sur ces fronts la Marine française a davantage été présente à terre et dans les airs que sur les eaux, une guérilla navale, limitée en volume mais bien perceptible, fut initiée précocement par des équipages FFI sur la mer des Pertuis, l’estuaire de la Gironde et le littoral breton. La conférence propose de revisiter le siège des poches sous cet angle naval.

Le mythe de l’île des femmes

par Arlette Girault-Fruet

le jeudi 2 octobre 2025 à 18h00 au Service Historique de la Défense

L’île des Femmes existait déjà dans l’Antiquité, mais c’est à l’époque des Grandes Découvertes que les marins l’ont passionnément cherchée. Peuplée de femmes accueillantes aux hommes prisonniers des vaisseaux depuis des mois, elle reste par nécessité vagabonde et difficile à aborder : en tant qu’espace dégagé des tabous sexuels, l’île des Femmes ne peut pas figurer sur les cartes. Elle réactualise le temps d’avant la Chute, une manière d’être au monde que l’on pourrait dire « première ». Au cours de la traversée, les veilles et les fatigues, l’attente et l’ennui, créditent sans peine l’espoir de cette terre différente, une Terre d’après le passage de la Ligne, traditionnellement perçu comme abolissant les lois ordinaires de la vieille Europe. Visiteurs admis pour un temps précis, les hommes y jouissent de voluptés illicites dans le monde occidental. En 1298, Marco Polo la situait dans la mer d’Éthiopie, mais elle erre sur divers océans pendant les siècles qui suivent – avant que le mythe ne trouve un ancrage durable à Tahiti, où Bougainville fait escale en 1768.

Pierre Toufaire

conférence par Hervé Valérian-Bessac

le jeudi 12 juin 2025 à 18h00 au Service Historique de la Défense

Pierre Toufaire, ingénieur de la marine et grand utopiste qui, depuis Rochefort, met l’esthétique au service d’une conception humaniste de la société. C’est un urbaniste précurseur qui , instruit des publications de l’architecte Blondel, pense global et moderne les aménagements urbains et industriels que les ministres lui confient.  à Rochefort dès 1775, il dynamite l’essoufflement de l’ingénieur Augias en proposant un projet de réorganisation complète de l’Arsenal, projet qui demandera 20 ans pour sa réalisation. Mais chaque année, avec l’obstination des visionnaires, il « remettra le couvert ». Il va ainsi permettre à l’Arsenal de s’organiser de façon plus conforme aux attentes de la Marine. L’apothéose se conclura avec, comme le dit Martine Acerra, « la grande affaire » du nouvel hôpital de la marine et l’édification de la fontaine Saint Charles, acte fondateur pour la ville dans sa maîtrise de l’eau. Avide de reconnaissance sociale, il ne cessera de se construire une légende qui finira noyée dans la grande utopie révolutionnaire qui l’emporte sur les rivages de Port la Montagne.

Les fortifications de l’estuaire de la Charente par Vauban

par Nicolas Fauchère

le jeudi 10 avril à 18h00 au Service Historique de la Défense

La protection de l’arsenal de Rochefort fait l’objet de plusieurs systèmes de défense successifs qui vont en se dilatant de l’estuaire à la mer des Pertuis en fonction de l’augmentation des portées d’artillerie du XVIIe au XXe siècle.

Sous Louis XIV, l’arsenal et la ville sont clos d’une muraille sommaire, tandis que l’estuaire, où se fait l’armement des vaisseaux, est protégé par une série de redoutes couvrant les zones de chargement de l’eau, des vivres, des voiles et des canons.

  • Le XIXe siècle voit le déploiement dans les rades, après l’affaire des Brûlots dans la rade de l’île d’Aix, d’un formidable ensemble de forts à la mer sans cesse réactualisé jusqu’à l’obus-torpille.
  • Le mur de l’Atlantique va embrasser tout l’espace entre Ré et Oléron jusqu’à la nouvelle base de La Pallice.


Le sauvetage en mer de l’Antiquité aux Abeilles

par Jean-Pierre Beurier, professeur de droit maritime

le jeudi 13 février 2025 à 18h00 au musée Hèbre de Saint Clément

Depuis l’Antiquité, les naufrages à la côte ont donné lieu au pillage systématique des navires et des cargaisons. Les victimes étaient dépouillées, livrées à l’esclavage ou tuées sur place. Née dans la Grèce antique la coutume du droit de bris se répand sur tous les rivages européens. Depuis le XIIe siècle, des règles visent progressivement à protéger les biens échoués et les cargaisons sous la protection royale et au XVIIIe si les pillages d’épaves perdurent, l’assistance aux naufragés s’impose parmi les populations côtières.

Les premières sociétés de sauvetage sont créées au XIXe siècle et parallèlement se développent puis se modernisent des matériels et embarcations de secours. Au XXe siècle plusieurs textes consacrent en droit international l’obligation morale de sauvetage de la vie humaine.

Docteur d’état en droit, spécialiste en droit maritime et passionné par la mer, Jean Pierre Beurier retracera pour nous l’épopée historique du sauvetage en mer jusqu’à sa reconnaissance en droit international. Ce maillage juridique adossé aux puissants moyens modernes de secours au large, constitue actuellement un cadre juridico-technique efficace.

Premier type de canot de sauvetage à avirons (1865)

Musée de Port-Louis