L’arsenal de Venise des origines aux temps modernes

Conférence le jeudi 9 septembre au Service Historique de la Défense à 18h00 par Philippe Braunstein, agrégé d’histoire, directeur d’études honoraire à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales.

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L’Arsenal de Venise, qui apparaît dans les sources écrites au début du XIII° siècle, ne cesse au cours des siècles d’accroître dans l’espace urbain sa surface et son rôle moteur pour le commerce international et la défense militaire de la République. Ses chantiers de construction et de réparation des vaisseaux marchands et des navires de guerre, ses lieux de production et de stockage de tout l’équipement naval, en particulier de l’artillerie, font de cet arsenal la plus importante entreprise  industrielle de l’Europe médiévale.

 Doté d’une main d’œuvre abondante et d’une maîtrise réputée d’artisans et d’ingénieurs, l’Arsenal de Venise est devenu au XV° siècle un modèle d’organisation et de gestion en Europe.

 Sa fonction militaire devient prépondérante à partir du XVI° siècle lorsque l’Empire ottoman met en péril en Méditerranée les positions vénitiennes, puis s’en empare. A partir du XVII° siècle, tandis que s’affirme la puissance des arsenaux atlantiques et nordiques, Venise tarde à prendre des décisions structurelles qu’imposeraient la dimension et l’armement  des navires de guerre et le faible tirant d’eau de la lagune. L’intégration de l’arsenal  dans un espace impérial européen met un terme à sa primauté originelle. Demeure la puissance historique de son architecture dans l’espace vénitien d’aujourd’hui.

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

Conférence par Jean-Claude Lemineur le mercredi 29 avril à 18h au SHD

En raison du confinement, cette conférence a été reportée au jeudi 21 octobre 2021.

Durant le 17e siècle, le vaisseau souffre structurellement de qualités nautiques médiocres, inhérentes aux conceptions architecturales adoptées à l’époque et imposées en grande part par les militaires.

Militaires et maîtres-charpentiers ont rapidement conscience de ces défauts.

Des solutions sont adoptées, visant à réduire la hauteur des œuvres-mortes, et à donner plus de longueur aux batteries, accroissement qui augmente à poids égal, la surface du plan de flottaison, et qui permet d’affiner les carènes.

A ces mesures s’ajoute celle très importante de réduire la pesanteur du bâtiment. Elle sera à l’origine d’une lignée de frégates portant une artillerie progressivement plus puissante, mais conçues sur les mêmes bases : les frégates de XII, de XVIII et de XXIV, ces chiffres indiquant le calibre des canons de la batterie basse.

Réformer les officiers de marine :reconnaitre le mérite ou l’ancienneté ?

Conférence de Mme Céline Mélisson le mardi 16 juin à 18h au SHD

En raison du confinement, cette conférence est reportée au jeudi 9 décembre 2021.

Au début du XVIIIe siècle, un « vent » de réformes souffle sur le département de la Marine et plusieurs officiers supérieurs, dont Ruis-Embito, s’insurge des dysfonctionnements du service. Le ministre du département, Antoine Rouillé, vient de succéder au comte de Maurepas et les tensions augmentent dans l’Atlantique français entre Anglais et Français. L’arsenal de Rochefort, dans lequel est nommé Ruis-Embito, est à l’avant-poste de ces combats et c’est lui qui envoie les hommes comme les munitions, depuis près d’un siècle. Ruis-Embito propose de revoir certaines règles dans le corps de la Plume, dans un mémoire fait à Rochefort en 1750. Ce contrôleur pose un regard novateur sur la gestion du personnel administratif et sur les critères d’avancement des officiers. Sa fonction lui impose en effet d’évaluer les écrivains de marine instruits dans l’arsenal. Il en tire un bilan et des propositions. Celles-ci permettent de comprendre les raisons pour lesquels Ruis- Embito est nommé commissaire général de Rochefort dès le 15 octobre 1751.

En prévision de cette conférence, vous pouvez trouver une bibliographie de Ruis-Embito sur Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Claude_de_Ruis-Embito

Les îles Kerguelen

Conférence de Jean-Paul Kauffmann le jeudi 3 décembre 2020 à 18h au SHD

En raison du COVID, cette conférence est repoussée au mardi 1er mars 2022.

Jean-Paul Kauffmann est allé aux îles Kerguelen. Voici ce qu’il dit de son expérience : « J’ai effectué le voyage le plus extraordinaire de ma vie. Ceux qui y sont allés ne parviennent pas à s’en remettre. Ils ont vu le commencement du monde, une nature inviolée, un règne animal « innocent », qui n’a pas intégré l’agressivité humaine et son sens de la prédation. Tout est étrange dans cet archipel, à commencer par les circonstances de sa découverte, le découvreur refusant de poser le pied sur cette terre qu’il pensait être le « troisième monde ». A présent l’archipel est devenu le paradis des scientifiques, lieu convoité où le vent souffle pourtant avec le plus de violence, procurant notamment à la France une « zone économique exclusive », qui en fait la deuxième puissance au monde pour l’espace maritime. L’ Histoire, très riche, et le présent constitueront les deux axes de mon intervention. »