Mémoires de Polony, officier négrier

Conférence de Louis-Gilles Pairault, à 18h00 au Service Historique de la Défense, 4 rue du Port à Rochefort.

Louis-Gilles Pairault est le conservateur des archives départementales de la Charente-Maritime. Avec Albert-Michel Luc, il a co-écrit un livre relatant la vie de cet officier de Marine originaire de Rochefort.

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C’est l’un des derniers officiers négriers français. Originaire de Rochefort, orphelin de peu de fortune, il entre d’abord dans la marine de guerre et participe aux prémices de la guerre d’indépendance américaine. La paix revenue, le jeune officier se tourne vers un commerce alors florissant, la traite négrière, avant de reprendre un parcours militaire.

Conservés aux Archives départementales de la Charente-Maritime, les mémoires qu’il rédige sont un témoignage rare sur cette période de l’histoire à la fin du XVIIIe siècle marqué par les guerres, de celle d’indépendance américaine aux guerres de la Révolution et de l’Empire, et par un commerce, la traite des Noirs, qui pour être encore ordinaire, n’en connaît pas moins sa première abolition.

La bataille de Velez-Malaga (1704)

Conférence de Patrick Villiers le jeudi 12 mars 2020 à 18h au SHD

Réétudier la bataille de Velez-Malaga de 1704 en s’interrogeant sur le rôle des vaisseaux de 1er rang est également une manière de faire un bilan de la construction navale sous Louis XIV.

Vaisseaux de 1er rang, de 2e rang, navires amiraux, trois-ponts de 80 canons, 90 canons voire 110 canons, ces dénominations changent fortement au XVIIe siècle comme nous le verrons. Elles correspondent cependant à la notion de « capital ship » que l’on pourrait traduire par navire de commandement ou navire amiral. Pour l’essentiel, en Méditerranée ou dans les eaux européennes, ce sont des trois ponts commandés par des chefs d’escadre, des lieutenants-généraux ou des amiraux à la tête d’une division, d’une escadre, voire d’une flotte. Ce concept inventé par les Anglais avec le Prince Royal est cependant repris par les Hollandais mais surtout par les Français. Qui ne connait les noms du Soleil Royal construit à Brest, des  Royal Louis et Saint-Philippe construits à Toulon ou du Fier construit à Rochefort. Réétudier la bataille de Velez-Malaga de 1704 en s’interrogeant sur le rôle des 1er rang est également une manière de faire un bilan de la construction navale sous Louis XIV.

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

Conférence par Jean-Claude Lemineur le mercredi 29 avril à 18h au SHD

Durant le 17e siècle, le vaisseau souffre structurellement de qualités nautiques médiocres, inhérentes aux conceptions architecturales adoptées à l’époque et imposées en grande part par les militaires.

Militaires et maîtres-charpentiers ont rapidement conscience de ces défauts.

Des solutions sont adoptées, visant à réduire la hauteur des œuvres-mortes, et à donner plus de longueur aux batteries, accroissement qui augmente à poids égal, la surface du plan de flottaison, et qui permet d’affiner les carènes.

A ces mesures s’ajoute celle très importante de réduire la pesanteur du bâtiment. Elle sera à l’origine d’une lignée de frégates portant une artillerie progressivement plus puissante, mais conçues sur les mêmes bases : les frégates de XII, de XVIII et de XXIV, ces chiffres indiquant le calibre des canons de la batterie basse.

Réformer les officiers de marine :reconnaitre le mérite ou l’ancienneté ?

Conférence de Mme Céline Mélisson le mardi 16 juin à 18h au SHD

Au début du XVIIIe siècle, un « vent » de réformes souffle sur le département de la Marine et plusieurs officiers supérieurs, dont Ruis d’Embito, s’insurge des dysfonctionnements du service. Le ministre du département, Antoine Rouillé, vient de succéder au comte de Maurepas et les tensions augmentent dans l’Atlantique français entre Anglais et Français. L’arsenal de Rochefort, dans lequel est nommé Ruis d’Embito, est à l’avant-poste de ces combats et c’est lui qui envoie les hommes comme les munitions, depuis près d’un siècle. Ruis d’Embito propose de revoir certaines règles dans le corps de la Plume, dans un mémoire fait à Rochefort en 1750. Ce contrôleur pose un regard novateur sur la gestion du personnel administratif et sur les critères d’avancement des officiers. Sa fonction lui impose en effet d’évaluer les écrivains de marine instruits dans l’arsenal. Il en tire un bilan et des propositions. Celles-ci permettent de comprendre les raisons pour lesquels Ruis d’Embito est nommé commissaire général de Rochefort dès le 15 octobre 1751.

Le Lieutenant de vaisseau Joseph-René Bellot

Conférence de l’amiral Bellec le jeudi 1er octobre 2020 à 18h au Centre International de la Mer (Corderie royale)

L’épisode le plus dramatique de la recherche du passage du nord-ouest à travers l’Arctique canadien, fut la disparition au milieu du XIXe siècle des deux navires commandés par Sir John Franklin. Issu d’une famille modeste, Joseph-René Bellot qui avait fait de Rochefort sa ville d’adoption, fit entrer la France dans la grande histoire de l’exploration arctique en se portant volontaire pour participer aux expéditions de secours. Comme Cook, Lapérouse ou Dumont d’Urville, Bellot connut une fin tragique. Elle en fit un héros bien moins célèbre qu’eux, parce que l’engagement de ce jeune officier de Marine n’était pas une affaire d’État. La biographie trop vite arrêtée de Joseph-René Bellot a la dimension émouvante d’un journal intime.

Les îles Kerguelen

Conférence de Jean-Paul Kauffmann le jeudi 3 décembre à 18h au SHD

Jean-Paul Koffmann est allé aux îles Kerguelen. Voici ce qu’il dit de son expérience : « J’ai effectué le voyage le plus extraordinaire de ma vie. Ceux qui y sont allés ne parviennent pas à s’en remettre. Ils ont vu le commencement du monde, une nature inviolée, un règne animal « innocent », qui n’a pas intégré l’agressivité humaine et son sens de la prédation. Tout est étrange dans cet archipel, à commencer par les circonstances de sa découverte, le découvreur refusant de poser le pied sur cette terre qu’il pensait être le « troisième monde ». A présent l’archipel est devenu le paradis des scientifiques, lieu convoité où le vent souffle pourtant avec le plus de violence, procurant notamment à la France une « zone économique exclusive », qui en fait la deuxième puissance au monde pour l’espace maritime. L’ Histoire, très riche, et le présent constitueront les deux axes de mon intervention. »