Napoléon, les fortifications et la mer

Conférence le jeudi 24 novembre 2022 18h00 au SHD (attention nouvelle date)

par Olivier ACCARIE PIERSON du Service historique de la défense, division des archives techniques et de l’information géographique, co-commissaire de l’exposition Les forteresses de l’Empereur (Château de Vincennes, 2022).

Cette conférence, conçue dans la suite de l’exposition « Les forteresses de l’Empereur » (Château de Vincennes, 2022), met en avant un aspect paradoxalement fort méconnu de la politique et de la stratégie napoléoniennes : le rôle de la fortification, celui des places fortes, et l’importance du corps du génie militaire, tant pour ce qui concerne le contrôle et la mise en valeur du territoire, en France, et dans les pays conquis, leur administration ; que pour ce qui concerne la mainmise sur ces pays vaincus et leur contrôle. Une Europe fortifiée sur terre, mais aussi sur les littoraux : l’instauration du blocus continental a accéléré une politique de fortification et d’édification. La défense des ports et des côtes est réaffirmée face à la menace et aux attaques anglaises ; certains arsenaux font l’objet de travaux parfois pharaoniques comme à Cherbourg (« J’ai voulu reproduire à Cherbourg les merveilles de l’Égypte », dira-t-il à Sainte-Hélène) ou dans la rade de Rochefort, où le projet du fort Boyard est commencé…

Plan du fort Boyard

Submersions marines : les données hydrographiques au chevet de la prévention du risque

Conférence de Thierry Sauzeau et du docteur Frédéric Surville, le mardi 21 février à 18h00 au SHD.

La recherche en histoire à propos des submersions marines permet d’établir les causes météorologiques (tempête entrainant une surcote de marée haute) de la plupart de ces événements. Lorsque l’origine météorologique ou sismique d’une submersion ne saurait être invoquée, on peut mobiliser les données hydrographiques anciennes afin de comparer l’état des paysages sous-marins côtiers avant et après l’événement. Grâce à l’usage des technologies numériques la recherche permet désormais de diversifier nos connaissances sur de tels phénomènes.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, des surcotes avec des vagues de type tsunami ont pu être observées à trois reprises dans le vieux port de La Rochelle : le 6 septembre 1785, le 9 juin 1875 et le 22 avril 1882.

Au regard de leur caractère très localisé et n’étant corrélées ni à des anomalies météorologiques de type tempête, ni à un séisme majeur, une recherche pluridisciplinaire a été engagée pour en déterminer l’origine. Des études comparées des bathymétries ante et post aléas, et la réalisation d’un modèle numérique des différences en bathymétrie montrent des variations importantes dans le chenal situé entre l’île de Ré et La Pallice, une zone interprétée comme une cicatrice d’un glissement sous-marin. Cette déstabilisation de la pente sous-marine pourrait être à l’origine de vagues mesurées à La Rochelle en 1785, en 1875 et en 1882 .

L’arsenal de Venise des origines aux temps modernes

Conférence le jeudi 9 septembre au Service Historique de la Défense à 15h00 par Philippe Braunstein, agrégé d’histoire, directeur d’études honoraire à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales.

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L’Arsenal de Venise, qui apparaît dans les sources écrites au début du XIII° siècle, ne cesse au cours des siècles d’accroître dans l’espace urbain sa surface et son rôle moteur pour le commerce international et la défense militaire de la République. Ses chantiers de construction et de réparation des vaisseaux marchands et des navires de guerre, ses lieux de production et de stockage de tout l’équipement naval, en particulier de l’artillerie, font de cet arsenal la plus importante entreprise  industrielle de l’Europe médiévale.

 Doté d’une main d’œuvre abondante et d’une maîtrise réputée d’artisans et d’ingénieurs, l’Arsenal de Venise est devenu au XV° siècle un modèle d’organisation et de gestion en Europe.

 Sa fonction militaire devient prépondérante à partir du XVI° siècle lorsque l’Empire ottoman met en péril en Méditerranée les positions vénitiennes, puis s’en empare. A partir du XVII° siècle, tandis que s’affirme la puissance des arsenaux atlantiques et nordiques, Venise tarde à prendre des décisions structurelles qu’imposeraient la dimension et l’armement  des navires de guerre et le faible tirant d’eau de la lagune. L’intégration de l’arsenal  dans un espace impérial européen met un terme à sa primauté originelle. Demeure la puissance historique de son architecture dans l’espace vénitien d’aujourd’hui.

La bataille de Velez-Malaga (1704)

Conférence de Patrick Villiers le jeudi 12 mars 2020 à 18h au SHD

Avec la levée progressive du confinement, cette conférence peut enfin être fixée au mardi 22 juin 2021 à 18h30 à la Corderie royale.

ATTENTION : en raison des contraintes COVID le nombre de participants est limité. L’inscription est OBLIGATOIRE (M. Michel Nodet 06 26 04 78 34)

Réétudier la bataille de Velez-Malaga de 1704 en s’interrogeant sur le rôle des vaisseaux de 1er rang est également une manière de faire un bilan de la construction navale sous Louis XIV.

Vaisseaux de 1er rang, de 2e rang, navires amiraux, trois-ponts de 80 canons, 90 canons voire 110 canons, ces dénominations changent fortement au XVIIe siècle comme nous le verrons. Elles correspondent cependant à la notion de « capital ship » que l’on pourrait traduire par navire de commandement ou navire amiral. Pour l’essentiel, en Méditerranée ou dans les eaux européennes, ce sont des trois ponts commandés par des chefs d’escadre, des lieutenants-généraux ou des amiraux à la tête d’une division, d’une escadre, voire d’une flotte. Ce concept inventé par les Anglais avec le Prince Royal est cependant repris par les Hollandais mais surtout par les Français. Qui ne connait les noms du Soleil Royal construit à Brest, des  Royal Louis et Saint-Philippe construits à Toulon ou du Fier construit à Rochefort. Réétudier la bataille de Velez-Malaga de 1704 en s’interrogeant sur le rôle des 1er rang est également une manière de faire un bilan de la construction navale sous Louis XIV.

L’histoire oubliée de la dernière expédition de Cavelier de La Salle

Conférence de Bernard Allaire du 26 mai 2020.

A une époque où les marins ne savaient pas déterminer leur longitude la reconnaissance des côtes était particulièrement délicate. A la recherche de l’embouchure du Mississippi, l’expédition de Cavelier de La Salle s’est terminée par une tragédie après la perte de son navire, La Belle, dans la baie de Matagorda au Texas, située près de 600 kilomètres  plus à l’ouest de l’embouchure recherchée !

Le Lieutenant de vaisseau Joseph-René Bellot

Conférence de l’amiral Bellec le jeudi 1er octobre 2020 à 18h 00

L’épisode le plus dramatique de la recherche du passage du nord-ouest à travers l’Arctique canadien, fut la disparition au milieu du XIXe siècle des deux navires commandés par Sir John Franklin. Issu d’une famille modeste, Joseph-René Bellot qui avait fait de Rochefort sa ville d’adoption, fit entrer la France dans la grande histoire de l’exploration arctique en se portant volontaire pour participer aux expéditions de secours. Comme Cook, Lapérouse ou Dumont d’Urville, Bellot connut une fin tragique. Elle en fit un héros bien moins célèbre qu’eux, parce que l’engagement de ce jeune officier de Marine n’était pas une affaire d’État. La biographie trop vite arrêtée de Joseph-René Bellot a la dimension émouvante d’un journal intime.

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

De la frégate légère à la frégate dite de VIII

Conférence par Jean-Claude Lemineur le mercredi 29 avril à 18h au SHD

En raison du confinement, cette conférence a été reportée au jeudi 28 octobre 2021.

Durant le 17e siècle, le vaisseau souffre structurellement de qualités nautiques médiocres, inhérentes aux conceptions architecturales adoptées à l’époque et imposées en grande part par les militaires.

Militaires et maîtres-charpentiers ont rapidement conscience de ces défauts.

Des solutions sont adoptées, visant à réduire la hauteur des œuvres-mortes, et à donner plus de longueur aux batteries, accroissement qui augmente à poids égal, la surface du plan de flottaison, et qui permet d’affiner les carènes.

A ces mesures s’ajoute celle très importante de réduire la pesanteur du bâtiment. Elle sera à l’origine d’une lignée de frégates portant une artillerie progressivement plus puissante, mais conçues sur les mêmes bases : les frégates de XII, de XVIII et de XXIV, ces chiffres indiquant le calibre des canons de la batterie basse.

Mémoires de Polony, officier négrier

Conférence de Louis-Gilles Pairault, à 18h00 au Service Historique de la Défense, 4 rue du Port à Rochefort.

Louis-Gilles Pairault est le conservateur des archives départementales de la Charente-Maritime. Avec Albert-Michel Luc, il a co-écrit un livre relatant la vie de cet officier de Marine originaire de Rochefort.

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C’est l’un des derniers officiers négriers français. Originaire de Rochefort, orphelin de peu de fortune, il entre d’abord dans la marine de guerre et participe aux prémices de la guerre d’indépendance américaine. La paix revenue, le jeune officier se tourne vers un commerce alors florissant, la traite négrière, avant de reprendre un parcours militaire.

Conservés aux Archives départementales de la Charente-Maritime, les mémoires qu’il rédige sont un témoignage rare sur cette période de l’histoire à la fin du XVIIIe siècle marqué par les guerres, de celle d’indépendance américaine aux guerres de la Révolution et de l’Empire, et par un commerce, la traite des Noirs, qui pour être encore ordinaire, n’en connaît pas moins sa première abolition.

Evolution des marines marchandes française et anglaise de l’Après-Guerre (39-45) à nos jours

Conférence par Philippe Bouthet du Rivault le jeudi 5 décembre au Service Historique de la Défense 4, rue du Port à Rochefort.

Officier pont à la Compagnie Générale Transatlantique dans les années 60, Philippe Bouthet du Rivault a renoué avec le milieu maritime à la retraite. Il a d’abord publié ses souvenirs de navigation, montrant les bouleversements qu’a connus son premier métier en l’espace d’un demi-siècle.

Grâce aux archives de l’antenne de Rochefort du SHD, il a ensuite écrit une Histoire du pilotage maritime dans les pertuis charentais puis La navigation au XVIIIe à la lumière du Journal de Bord de L’Hermione, préfacé par le commandant Cariou.

Philippe Bouthet du Rivault est également Lieutenant de Vaisseau honoraire.

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